Send shivers down my spine + Thomas & Nolen


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Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Mer 4 Avr 2018 - 16:28
La nuit commençait à tomber doucement sur la cité des Anges et les lampadaires qui s’allumaient peu à peu faisaient briller de mille feux les trottoires humides de la pluie qui tombait légèrement depuis des heures. Je me tenais à l’abris sous le porche d’un bâtiment pour que l’eau ne ruine pas le soin que j’avais mis à mon apparence ce soir et, les mains profondément enfoncées dans les poches du long manteau noir reposant sur mes épaules, j’observais le bâtiment sur le trottoire d’en face. J’étais planté là depuis plus d’une demi-heure déjà et j’attendais sagement que l’endroit ne se vide peu à peu. De l’autre côté des murs attendait ma cible du jour. On parlait de plus en plus de ce musicien au fil des semaines et il m’était arrivé d’entendre certains de ses morceaux quelques fois. Un vrai régal qui avait immédiatement réveillé ma soif de m’approprier tout ce qui soit beau en ce bas-monde. Ce soir, il rejoindrait ma collection à son tour, une oeuvre de plus qui finirait probablement par prendre la poussière quand son charme serait dissipé, mais qui m’offrirait quelques heures de plaisir avant ça. Du moins j’y comptais, si tout se déroulait selon mes désirs. J’attendis encore une bonne dizaine de minutes avant de me mettre en mouvement, que les lumières aux fenêtres du studio d’enregistrement ne s’éteignent les unes après les autres, signe que mon heure venait enfin.

Je pénétrais le bâtiment sans attirer l’attention sur moi, habitué à me cacher dans l’ombre et à disparaître dans la masse. Ma patience se voyait récompensée alors que la plupart des mortels que je croisais se dirigeaient vers la sortie. Certains me jetaient quelques regards plus appuyés, probablement surpris de mon apparence qui ne laissait jamais vraiment indifférent, en bien ou en mal, mais l’on ne chercha pas à me ramener vers l’extérieur et je parvenais sans trop de mal à trouver ce que je cherchais. La musique résonnait faiblement dès que j’entrais dans le couloir et je m’approchais aussi légèrement que possible pour surprendre le musicien sans l’interrompre. J’entrais dans la première partie du studio sans obstacle, les consoles laissées à l’abandon pour la soirée, et repérais immédiatement celui que je cherchais au travers de la vitre. La porte menant de son côté était restée ouverte et je m’en approchais avec autant de discrétion, mais n’entrais pas pour autant.

Je restais un moment appuyé contre le cadre de la porte, les yeux fermés, et j’écoutais la musique étouffée par les épaisses parois du studio. Pas une seule fausse note, pas la moindre hésitation. Je n’avais encore jamais vu le visage de l’homme que je recherchais, mais sa musique restait reconnaissable entre toutes. Ça remontait à loin, la dernière fois que j’avais entendu autant de perfection émaner de quelques notes. Et c’était exactement ce que je cherchais ce soir, ce petit morceau de Paradis caché dans la banalité de la vie terrestre. Il était là, à quelques mètres seulement, enfin à ma portée après que je l’ai pourchassé pendant des semaines, ramené sur Terre par le biais des doigts habiles du musicien. Je rouvrais les yeux peu de temps avant que la musique ne prenne fin, osant enfin observer réellement le profil de l’artiste. Tout comme devait l’être son public, il semblait transcendé par la musique, par sa propre création et fut un temps où je l’aurais peut-être abordé comme une oeuvre d’art lui-même. Cette pensée fut chassée par le silence qui retombait précipitamment et je me redressais aussitôt, croisant les bras sur ma poitrine alors que mes yeux se posait sur l’homme. Je forçais mon visage à prendre le masque d’un charme nécessaire aux négociations qui suivraient bientôt. Un sourire fin, un air inoffensif, l’indifférence polie et les indices d’une admiration pas tout à fait feinte. J’étais là pour compléter ma collection, ni plus ni moins, mais ça ne serait pas gratuit. Rien ne l’était jamais.

“Très joli.” soufflais-je en osant un pas en avant qui me faisait entrer pour de bon dans le studio. Je m’offrais le luxe de l’observer un instant de plus avant d’ajouter quoi que ce soit. Sans la mélodie autour de nous, il perdait quelque chose de sa beauté. Ça n’aurait pas dû me surprendre, c’était toujours comme ça, mais j’en étais pourtant légèrement déçu. “Vous jouez depuis longtemps ?” demandais-je, l’air de rien. L’agresser immédiatement avec ce que je voulais n’apporterait rien, alors j’y allais avec la conversation banale. Ne restait plus qu'à espérer qu'il serait d'humeur à y répondre. Nous devions être presque seuls dans tout le bâtiment, je n'étais qu'un inconnu, je m'en assurais toujours bien que mon nom soit parfois connu dans le milieu artistique, on n'y attachait rarement un visage. Je ne pourrais compter que sur sa sympathie ou sa politesse pour le moment.

Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Mer 4 Avr 2018 - 21:26
J’étais rentrée à Los Angeles depuis quelques jours, une semaine, voir deux, mettant fin à un long séjour dans un hôtel aux prix exorbitant à New York uniquement pour composer la musique d’un film avec un autre. J’avais retrouvé mon appartement, bien trop vide, et j’avais passé mes journées à jouer avant de retrouver le chemin des studios. Y vivant presque alors que je me contentais que de commander sur internet de quoi manger, me faire livrer et en faire de même avec quelques anciens contacts pouvant m’abreuver de leurs sang. J’étais sur une composition bien plus complexe et cela faisait presque soixante-douze heures que j’étais uniquement sur le piano. Je jouais, les notes dansant sous mes doigts alors que le monde continuait à tourner autour de moi. Mais je n’étais pas satisfait, je ne trouvais pas ce que je voulais. L’instrumentalisation du piano était une bande sonore de vingt sept minutes, c’était court et pourtant je ne trouvais pas comment tourner mes arrangements. Je pédalais dans le vide. Ne prêtant aucune attention au fait que la nuit avait du commencer sa chute, j’avais reprit, recommençant une nouvelle fois, me laissant porter, disparaissant entre chaque note pour en sentir la force. Je laissais la danse s’enclencher seule et pourtant, lorsque la dernière note raisonna, il y avait encore ce sentiment de vide. Il n’y avait pas autant d’âme que je l’aurais voulu. Il n’y avait guère cette légitimité à exister. J’étais loin du compte, loin de la vérité. Prenant mon stylo, je corrigeais mes partitions, faisant un arrangement sans doute un peu plus insolant, un peu plus surprenant avant qu’une voix ne me surprenne. Ce n’était pas celle de Sytry, je n’avais donc aucune raison de me retourner et d’y accorder toute mon attention, Continuant à corriger ma création, je me contentais de répondre d’un ton égale, bien plus éteint que la musique que je créais, « C’est surtout médiocre. », certes, d’extérieur, c’était agréable, mais ce n’était pas ce que je voulais et tant que je n’atteignais pas la perfection, les notes pouvaient-être joué avec précision et sans faux pas que cela n’y changerait rien. Ce n’était pas ce que je voulais, ce n’était pas comme je le voulais.

Me grattant légèrement la tempe, je fichais ma page, cherchant l’accord, la rythmique attendu qui brisait l’ensemble. Je ne comptais pas étouffer le piano sous une centaines d’autre instrument, il devait mener, pas porter… Soupirant légèrement en l’entendant m’interroger, je ne lui portais toujours aucun regard, « Comme vous avez du le lire une bonne dizaine de fois sur internet ou dans des magazines, je joue depuis mon enfance, l’on ne laisse pas un enfant du seigneur jouer aux jeux-vidéos ou mater des pornos. », avais-je répondu en imitant des guillemets lorsqu’il fut question d’évoquer mon éducation religieuse et le fait que je n’avais pas approché une guitare avant mes dix-huit ans. Le piano et le violon étant des instruments nobles, capable de satisfaire les oreilles délicate de notre seigneur. Un bon vieux rock ayant sans doute plus d’intérêt quand on savait que les fils qu’il choisissait pour mener les messes n’étaient rien de plus que des hommes abusant de l’innocence des jeunes garçons qu’ils éduquaient. Bref, la n’était pas la question, je me donnais déjà trop de mal pour ne pas mettre l’homme à la porte. Posant à nouveau mes partitions à leurs places, je coinçais mon stylo entre mes dents avant de recommencer à jouer, ignorant totalement sa présence. Ces quelques notes isolantes apportaient déjà plus de corps à la création, mais ce n’était pas suffisant et après dix minutes, je mis fin cette représentation privé pour finalement lui parler à nouveau, je n’aimais pas que quelqu’un reste avec moi, j’avais toujours cette peur de céder à la soif qui m’habitait, peur de ne pas garder le contrôle, surtout après tant de temps enfermé ici. « Écoutez, le studio est privé, si vous pouviez sortir d’ici et… », me tournant alors, je le vis pour la première fois et le moins que l’on puisse dire était bien qu’il n’était pas commun, « Surprenant. », me contentais-je de rajouter après l’avoir détaillé de haut en bas. J’étais clairement plus sage avec mon jeans et mon t-shirt, mais passons. Me levant pour saisir un violon, je le ramenais près de mes notes. J’allais essayer quelque chose, mais sa présence ici n’était pas pour m’aider, « J’aimerais éviter d’être désagréable, donc soit vous accouchez maintenant, soit vous rentrez chez vous. », j’étais fatigué par tout ça, il était hors de question de tenir l’illusion du musicien sympa. Sortie de la musique et d’Alice, rien ne méritait ma gentillesse et encore, pour le bien de cette dernière, il était préférable de ne plus la privilégier.



Dernière édition par Thomas G. O'Connel le Jeu 5 Avr 2018 - 11:48, édité 1 fois

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Mer 4 Avr 2018 - 21:50
Tout juste quelques mots me répondirent et ce fut tout à coup comme si je n’existais plus, alors que le musicien retournait sur son travail “médiocre”. D’autres que moi auraient pu s’en offusquer, mais ce manque flagrant d’éducation ne m’arrachait pour l’instant qu’un sourire. Il ne fallait pas que ce soit trop facile, n’est-ce pas ? Ce que l’on obtenait sans se démener un peu n’avait que peu de saveur, après tout. J’ignorais les signes visant à montrer que mon interlocuteur n’avait aucune envie de parler avec moi et trouvais une question à lui poser, tentais d’engager la conversation d’une manière ou d’une autre. Il se montra plus bavard, cette fois, mais toujours d’une froideur improbable qui parvenait encore à m’amuser. L’une des leçons que j’avais apprises de mes longues années de vie se voyait démontré ce soir encore : les artistes se révélaient souvent capricieux. Le sens du mot “diva” n’avait pas évolué pour rien, je pouvais en attester. Et celui-ci ne ferait visiblement pas exception à la règle. “Si je voulais me contenter de ce qu’on peut trouver sur Internet, je ne serais pas là.” répondis-je poliment, loin de m’offusquer de son comportement. La patience était, par chance, une vertu dont on ne m’avait pas privé en me chassant du Ciel.

Je le laissais m’ignorer encore un peu et profitais de ce pourquoi je me trouvais ici : sa musique. Il pouvait la qualifier de médiocre s’il le voulait, je continuais de penser qu’il se trompait sur toute la ligne. Et s’il pouvait faire encore mieux, eh bien… J’avais hâte d’entendre ça. Quand, enfin, il accepta de s’intéresser de nouveau à moi, je notais avec une certaine perplexité qu’il était peut-être finalement sérieux. Son agacement devenait plus que palpable et, incapable d’imaginer une seule seconde que je puisse en être la cause, je mettais cela sur le compte de la frustration qui lui apportait son oeuvre. Ça aussi, après tout, c’était un comportement assez courant chez les artistes. Je me redressais de nouveau lorsqu’il posa les yeux sur moi et que sa remontrance pris fin avant d’avoir réellement commencée. Surprenant ? Sans doute était-ce une façon, bien plus polie que je ne m’y serais attendu venant de lui, de me qualifier. Un rictus amusé passa vaguement sur mon visage et je faisais un pas de plus. S’il voulait passe aux choses sérieuses sans autre forme de procès, ainsi soit-il. “Impatient, dites-moi. Très bien, si vous voulez le prendre comme ça.” Il contrecarrait légèrement mes plans et ça ne me plaisait guère, mais pour obtenir satisfaction, je savais que j’aurais à la lui offrir aussi. Au moins un peu. “Je suis venu vous offrir un soutien financier.” annonçais-je, décollant enfin mes bras de ma poitrine alors que j’avançais encore d’un pas. Doucement mais sûrement, j’entrais sur son territoire, m’imposant sans forcer. “J’ai beaucoup d’argent et vous me semblez être un investissement intéressant.” expliquais-je, restant volontairement vague sur ce que je cherchais exactement. Il n’était pas un petit artiste caché dans un coin, il connaissait déjà la saveur du succès et l’argent ne lui manquerait certainement pas. Je n’avais pas l’intention de le brusquer, d’autant qu’il me semblait particulièrement nerveux. Mais je comptais sur sa nature humaine pour lui faire désirer toujours plus, quand bien même ça ne lui serait d’aucune véritable utilité.

Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Mer 4 Avr 2018 - 22:25
Il me cherchait moi, et le voir avancer ne me fit que poser l’instrument que je tenais sur le piano. Il voulait de toute évidence une chose que l’on ne trouvait pas sur internet et cette chose était un soutien financier. Était-il derrière tout ça ? Un démon ? Le fixant avancer un peu plus, je quittais son regard pour fixer son cou quelques instants, gardant le silence face à son offre de m’offrir de l’argent au vu de l’investissement intéressant que je pouvais représenter. Son sang ne m’appelait absolument pas. Oh la faim ne m’avait pas quitté, loin de là, elle dansait de plus en plus dans ma gorge, comme pour me rappeler combien je lui étais dépendant, mais lui, un homme en pleine possession de ses moyens ne me donnait pas envie de lui en voler. Jugeant que mon observation commençait à être trop longue, je relevais les yeux sur lui. La peau mate, les cheveux aussi noir que mon avenir, il ne ressemblait pas à quelqu’un qu’une illusion pourrait prendre facilement, ni à quelqu’un qu’un simple sourire pourrait rendre docile. Il savait ce qu’il cherchait et je faisais partie des plans. « Qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai besoin d’un soutien financier ? », demandais-je simplement avant de lever légèrement les yeux au ciel face à son arrogance. L’argent, j’en demandais toujours, rien n’était gratuit, mais je devais refuser des contrat tant on me demandait alors qui était-il pour croire que j’aurais besoin de ses financements à lui ? Autre point qui toucha mon égo, il me voyait comme un investissement, un objet, tout comme Sytry m’avait vu comme un soldat, une âme à ajouter à sa collection. Serrant la mâchoire, je me détournais, reportant mon attention sur la pièce avant de poser mon dévolu sur ma veste dont je franchis les quelques mètres m’en séparant pour prendre mon portable. « Mais surtout qui vous dit que j’ai envie d’être un investissement ? », demandais-je simplement avant d’ouvrir une application pour chercher qui pourrait me livrer un truc à manger avant que mon estomac ne se mêle de la partie. Posant le regard sur la poubelle du studio derrière lui, je regrettais déjà le fait de devoir commencer une nouvelle fois dans une chaine, du moins ce fut le cas jusqu’à ce que je réalise que je pouvais avoir quelques cartes en mains, et sortir me permettrait sans doute de croiser quelqu’un dans les toilettes et de… Juste quelques gouttes, juste pour me reconcentrer, et prendre l’air ne me tuerait pas.

Rangeant mon téléphone, je passais ma veste avant de le dépasser pour sortir du studio, pour reprendre l’avantage et pour éviter à un milliardaire trop excentrique de prendre mon studio pour sa deuxième maison. « Je vous laisse une chance de me convaincre, mais j’ai faim, alors vous allez m’inviter, de toute façon si vous avez tant d’argent que ça, ça ne sera qu’une broutille pour l’investissement que je peux représenter. », soufflais-je en sortant du sas pour rejoindre le couloir sans le moindre regard en arrière. Inutile, si c’était du flan, il partirait de lui-même et j’en serais débarrasser, si ce n’était pas le cas, je m’en tirais simplement avec un vrai repas, une occasion de remettre les pendules à zéro et rien d’autre. Je n’avais aucune obligation, juste l’écouter. Sur le chemin, j’avais sortie à nouveau mon portable, commandant une voiture pour une course que j’aurais pu faire en quelques minutes si seulement l’envie de tester l’homme n’avait pas été si grande. Au moins avais-je attendu qu’il me rejoigne. J’avais un problème avec lui, je n’avais absolument pas envie de goutter son sang alors que les quelques minutes passaient à l’arrière de ce chauffeur suffirent à me rendre nerveux. Si quelque chose clochait avec lui, au moins serais-je en terrain connu. Sortant du taxi sans payer la note, j’entrais dans un japonais plus de réputé ou l’on devait réserver des semaines à l’avance sauf que dans mon cas, me voir arriver suffit à trouver une table tranquille, à l’écart des curieux. M’y installant sans attendre, je posais enfin le regard sur lui, brisant le silence, « C’est le manque de génie pour identifier les talents de demain qui vous pousse à attendre que d’autres les aient révélé ou vous n’êtes tout simplement pas du genre à prendre des pari ? », j’étais légèrement amère, mais le monde ne m’aidait pas à garder mon calme et les mecs comme lui qui attendait qu’on vende littéralement son âme au diable pour un peu de reconnaissance m’énervait. Aucun démon n’aurait fait l’affront à Sytry de venir me proposer quoi que ce soit sans son aval, alors qui était ce mec ? Il ignorait réellement ce que représenter un investissement sur ma personne ?


Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 14:34
De nouveau, j’offrais un sourire au musicien en conservant au mieux mon calme. Il n’avait visiblement aucune intention de me rendre la vie plus facile et c’était sincèrement agaçant, mais nos négociations restaient encore à peine entamées et il en faudrait bien plus que ça pour me faire reculer. Je le laissais se débattre un instant, s’il avait besoin d’exposer sa fierté au grand jour pour se sentir bien, ainsi soit-il. Il ne me semblait pas particulièrement concentré sur notre conversation, d’ailleurs et je m’efforçais de ne pas le prendre trop personnellement quand je le voyais s’intéresser davantage à son téléphone portable qu’à moi. J’admirais tout cela avec davantage d’amusement exaspéré qu’autre chose. Les humains, qu’importe le siècle, restaient les mêmes. Peut-être même que le temps accentuait davantage leurs pires défauts. Et dire que c’était à cause de ces créatures que mon monde s’était écroulé… “On n’a jamais assez d’argent, vous ne croyez pas ?” soufflais-je à voix basse comme j’aurais lancé une moquerie pour l’agacer doucement, n’attendant pas réellement de réaction de sa part.

Il parvint presque à me prendre par surprise lorsqu’il exigea soudainement que je l’invite à dîner. Je levais les sourcils assez ostensiblement pour lui signifier mon incrédulité face à cette incroyable démonstration d’ego, mais levais finalement un bras pour l’inviter à mener la voie vers le restaurant de son choix. Mon geste n’avait aucun intérêt, je le savais bien, mais quand bien même mon activité principale consistait à ramper aux pieds des artistes, je conservais une certaine dose de fierté et de respect de moi-même. Une voiture nous attendait dehors et nous conduisit vers l’adresse choisie par le musicien et je passais la totalité du voyage - honteusement court compte tenu que nous nous déplaçions dans un véhicule - enfermé dans le silence le plus complet. Je ne changeais pas cela jusqu’à ce que nous soyons assis à table et que l’homme ne réclame finalement mon attention en me balaçant ce qui ressemblait fortement à une insulte sous le couvert de sa question. Alors, mon sourire revint et je le jaugeais un instant sans rien dire, ma main filant inconsciemment jusqu’à l’anneau perçant le cartilage de mon oreille, avec lequel je jouais distraitement un instant. “Je ne prends effectivement aucun pari.” répondis-je sans perdre ni mon sourire, ni mon aplomb. S’il cherchait à me déconcerter, il n’y arrivait certainement pas. “Vous avez déjà le succès, mon aide ne vous sera d’aucune utilité pour ça et ce n’est pas ce que je veux vous offrir.” expliquais-je très calmement. Une serveuse interrompit là mon monologue en venant déposer des menus devant nous et je la gratifiais d’un large sourire avant qu’elle ne s'éclipse. Mon attention se porta un instant sur la carte, je ne m’y arrêtais cependant pas plus longtemps que cela et relevais rapidement les yeux vers le musicien sans avoir pris la peine de choisir quoi que ce soit.

“Vous pouvez me voir comme un collectionneur, tout simplement et il s’avère que je souhaite ajouter votre musique à ma collection. Je ne vous demande rien de plus que de jouer pour moi à l’occasion - même pas des morceaux originaux - et en échange, vous pourrez compter sur moi en cas de besoin financier. Que ce soit pour vous offrir à dîner ou Dieu seul sait ce dont vous pourriez avoir soudainement besoin.” Comme il l’avait exigé, je jouais carte sur table désormais et dévoilais ma proposition - probablement fort étrange - sans chercher à me montrer subtilement. Je ne désirais rien de plus que de l’entendre jouer, ce qui était supposé être sa passion, je ne voyais donc pas pourquoi il refuserait d’accéder à ma requête. Mais son ego prenait trop de place pour que je ne m’attende pas à quelques exigences inconcevables de sa part. Ou à d’autres insultes, certainement. "Il doit bien y avoir quelque chose que vous désirez et que je peux vous offrir en échange."

Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 15:28
L’argent était sans doute ce qu’il y avait de plus simple à dépenser, j’en convenais. Mais comment pouvait-il en douter ? Préférant me faire inviter au restaurant plutôt que de m’enfoncer dans une discussion stérile, j’avais remonté le couloir jusqu’à la sortie ou une voiture nous attendait déjà. Je m’en fichais un peu de ce qu’il pouvait vouloir, au final, j’avais faim et l’homme au volant n’avait rien arrangé. Rentrant donc dans le restaurant j’avais rejoint une table, lui demandant non sans amertume ce qu’il voulait. Il ne prenait aucun pari, et j’avais déjà le succès, il n’avait pas d’avenir à m’offrir et il ne le ferait pas non plus avec des jeunes. Ils finiraient donc par céder à la facilité et à se damner… C’était donc ça ce qu’il voulait ? Des âmes corrompus ? Il ne pouvait pas savoir, l’agresser sur ce point ne servirait à rien. Prenant le menu que la serveuse venait de nous apporter, je lui souris légèrement avant qu’elle ne disparaisse avec ma concentration. Je n’avais aucune idée de ce que je pouvais manger, j’avais faim et plus j’étais ici plus une autre se faisait douloureuse. Ne relevant pas les yeux lorsqu’il parla, je l’écoutais me parler de son désir de me voir jouer pour lui en échange d’un soutien financier. Inutile, j’avais déjà ce que je voulais, et le fait d’appartenir à une collection ne me plaisait pas vraiment. Oh bien sur qu’il y avait quelque chose que je désirais plus que tout, mais il ne pouvait pas me l’offrir, il ne pouvait même pas l’envisager. C’était hors de prix et je doute de toute façon retrouver ma liberté un jour.

Gardant le silence, je finis par reposer le menu sur la table avant de lui autoriser au moins un regard. Il était gentil, mais il arrivait bien trop tard. « Je doute que ce que je désire soit dans vos moyens. Sans offense. », répondis-je un peu plus calme que je ne l’aurais voulu, comme si j’avais fini par réaliser que quoi que l’on pourrait m’offrir, ce que j’aurais réellement voulu resterait hors de porté. « Vous trouverez sans doute quelques CDs pour votre collection… », soufflais-je l’arrogance au bord des lèvres. Oh, un CD n’était en rien égal à l’artiste lui-même, je le savais parfaitement, nous ne vivions pas de la même façon, nous ne ressentions pas de la même façon. Ce monde était sombre, pourtant, lorsque je jouais, j’avais l’impression que tout s’effaçait, que plus rien ne restait si ce n’est moi et les notes. « Ce que vous souhaitez obtenir est vain… », murmurais-je finalement, dérobant mon regard dans l’immensité du vide l’entourant. « La musique ne peut-être capturé, elle demeure éphémère… », les notes finissant par s’effacer de notre esprit, nous forçant ainsi à s’y replonger corps et âmes sans réfléchir davantage. La musique n’était pas un art secondaire. Elle était forte et unique. « Tout l’argent du monde ne suffirait pas à capturer l’âme d’une mélodie. », à capturer l’âme de son créateur, oui, mais pas la musique. Fronçant légèrement les sourcils, je dus fermer les yeux lorsqu’une douleur aigu me traversa le dos, me forçant à porter une main à mon visage pour l’étouffer. Je n’avais aucune idée de combien j’avais pu me négliger, mais mon corps semblait bien marqué et prêt à me le signaler. Ça m’épuisait, fort heureusement, j’avais eu la présence d’esprit de le faire rentrer dans une illusion pour qu’il ne voit rien, du moins je le cru. « Dans tout les cas je n’aurais pas besoin de votre argent, et je ne vois pas pourquoi j’irais me perdre chez vous pour jouer et assouvir vos désirs les plus étranges. », secouant légèrement la tête, j’avais reprit ma position, le libérant de ce que je pensais être une illusion presque aussitôt. Inutile de montrer des signes de faibles à cet homme.

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 16:49
Mon ego n’était certainement pas aussi imposant que celui de l’homme me faisant face, mais il n’en fut pas moins piqué que le musicien ose insinuer que je ne sois pas en mesure de lui offrir ce qu’il désirait. Que pouvait bien vouloir cet humain qui ne soit pas à ma portée ? Il existait peu de choses en ce monde que je ne puisse pas lui offrir et cette idée me fit me poser, pour la première fois depuis notre rencontre, de véritables questions au sujet de cet homme. Je me gardais bien d’en poser une seule à voix haute pour le moment. Le connaître personnellement ne m’intéressait pas et je doutais sincèrement qu’il en soit autrement de son côté. Je ne lui faisais pas non plus le plaisir de me défendre contre sa proposition de trouver un CD, lui comme moi savions pertinemment que ça ne serait jamais tout à fait pareil. Il perdait son temps avec des arguments logiques et je ne doutais pas qu’il en ait conscience. Après tout, j’étais venu jusqu’à lui et lui proposait une entrée d’argent pour l’instant infinie juste pour l’entendre jouer en vrai. Il devait bien se douter que je reculerais devant peu de choses pour obtenir satisfaction. Comme nombre de mes artistes avant lui, il devait me considérer comme un milliardaire excentrique et capricieux et… De ce que pouvaient en voir les mortels, c’était exactement ce que j’étais et je ne désirais certainement pas partager plus que cela de mes intentions avec lui.

Il me surprit réellement lorsque, pour la première fois de cette entrevue, il semblait vouloir mettre son image de diva au placard une seconde pour souligner la douloureuse réalité de son art. Un sourire me gagnait brièvement. “Tout est éphémère dans ce monde.” murmurais-je, autant pour lui que pour moi. Sa musique, sa vie, tout ce qui nous entourait en ce moment. Mais pas mon existence et pas non plus la soif intarissable que j’avais de retrouver, ne serait-ce qu’un instant, l’impression volage de m’approcher légèrement des portes de mon Paradis perdu. “Raison de plus pour profiter au maximum de tous les plaisirs que la vie a à nous offrir avant qu’ils ne tombent dans l’oublie.” S’il jouait pour laisser sa trace dans le monde, alors il perdait son temps, j’aurais pu en attester mieux que personne. Mais ça n’était pas ce que je recherchais, moi et quelque chose me disait, après l’avoir entendu parler de musique, que ça n’était peut-être pas ce qu’il cherchait non plus. J’allais devoir trouver une façon de le lui expliquer et j’allais devoir me montrer plus que convaincant.

Je l’obsevais encore avec attention, l’anneau tournant toujours entre mes doigts comme à chaque fois que je réfléchissais trop intensément. Chaque petite miette de ma concentration était tournée vers lui, je scrutais son visage comme on aurait posé les yeux sur un texte écrit trop petit dans l’espoir de le déchiffrer, mon regard cherchait même à le transpercer dans le but ultime et impossible de voir au-delà du mur et de mettre le doigt sur ce qui ferait mon argument. Mais je ne trouvais rien, je ne voyais rien, rien que cette grimace passagère qui déforma son visage un instant et qui ne m’apparaissait comme rien d’autre qu’un mystère de plus. Et il soulevait un point important. Si mon argent ne l’intéressait pas, alors qu’avais-je à lui offrir ? “Je ne cherche pas à capturer quoi que ce soit, personne n’a plus conscience que moi de la douloureuse fugacité qui règne dans ce monde.” soufflais-je en reposant ma main bien à plat sur la table. Je me redressais légèrement, me penchant vers lui d’à peine quelques millimètres, parfaitement inconscient de ce geste. “Je suis sûr que vous et moi, on peut se comprendre plus que vous n’êtes prêt à l’admettre.” décidais-je finalement. “J’ai les moyens d’obtenir tout ce qui me chante et il en va de même pour vous, vous avez la gloire, l’argent, la passion. Mais ce n’est jamais assez, n’est-ce pas ?” Je n’attendais pas de réponse, ce n’était une question que dans le but de servir mon argumentation et je ne lui laissais pas l’occasion de dire quoi que ce soit que je reprenais déjà. “C’est la malédiction de chaque pauvre âme qui arpente ce monde : on peut avoir tout ce qu’on désire et pourtant, ça n’est jamais suffisant. Il y a toujours quelque chose d’autre, quelque chose qui nous échappe et que l’on désespère de trouver un jour et quand on l’obtient enfin, un nouveau désir naît et vient tout détruire.”

Je parlais en connaissance de cause et peut-être une pointe d’amertume mêlée de tristesse venait se glisser dans ma voix. J’avais vécu des siècles, des millénaires sans jamais trouver le véritable bonheur, la paix que toutes les religions du monde promettaient après la mort, sachant parfaitement qu’elle n’existerait jamais dans ce monde. Et ma punition se révélait d’autant plus cruelle que pour moi, contrairement à lui, la délivrance de la mort ne viendrait jamais. “C’est comme une soif qui nous assèche la gorge, encore et encore, qu’importe qu’on parvienne à la désaltérer brièvement, elle revient toujours. Ça ne nous empêche pas d’essayer de la satisfaire éternellement.” Je lui offrais un nouveau sourire, remarquant à peine que ma voix avait baissé de quelques octaves. “Je ne peux probablement pas vous offrir ce que vous voulez vraiment et vous ne pouvez pas non plus me donner ce que je veux, mais vous pouvez me donner quelque chose qui s’en rapproche et je peux m’arranger pour vous rendre la pareille si vous acceptez de me rendre ce service.”


Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 17:34
Tout était en effet éphémère, mais le but d’une collection ce n’était pas d’en préserver l’essence ? L’oublie était ce qui nous attendait tous, pourtant, j’arrivais à transcender les âmes, j’arriverais à survivre quelque part. Je voulais bien faire ce que l’on voulait, mais je savais que je survivrais à ma mort. Accusant le coup, la douleur me coupa sans doute de mon répondant alors que je lui confiais sans doute un peu plus. Il se pensait suffisamment conscient de cela. Fronçant légèrement les sourcils lorsqu’il se redressa, je l’écoutais m’assurer que l’on pouvait se comprendre, simplement je n’étais pas prêt à l’admettre. Non il ne pourrait pas obtenir ce que je souhaitais, j’en étais sur car cela voulait dire reprendre ma liberté et celle de ma soeur à un démon. Cela voulait dire reculer et perdre ce que ma cupidité avait créer. « Que pourrait chercher un homme si ce n’est la gloire, l’argent et la passion ? », demandais-je finalement. J’avais tout ça. Je n’avais simplement plus de liberté et la liberté… L’on ne l’achetait pas, pas quand son prix dépassait l’entendement. Bien évidemment que ce n’était pas suffisant, bien évidemment que l’ambition et l’arrogance qui m’avaient rongé à l’époque me priverait à nouveau de satisfaction, mais ce qui me motivait le plus en ce monde n’était pas quantifiable. « Et vous pensez donc m’offrir ce qui m’échappe, ce qui me désespère ? », soufflais-je simplement. Il pensait sincèrement en être capable ?

Et puis après un silence, il reprit, décrivant une soif qui me fit douter de lui un instant, décrivant quelque chose qui menaça de me briser l’échine. Si bien que si je compris ce qu’il me dit, si j’entendis ce qu’il pouvait avancer, mon cerveau refusa de décrocher ses pensées. Le sang… Déglutissant difficilement, je me redressais, « Je vous demande un instant. », me levant pour quitter ma place, je fonçais aux toilettes pour me passer de l’eau sur le visage, j’avais besoin de souffler, mais ce que j’avais surtout besoin… Un homme rentra, il ne m’en fallu pas plus pour sortir une petite lame de ma poche et lui entailler le bas du ventre, la ou personne n’irait chercher pour ce soir. Le berçant d’illusion, je m’accroupis jusqu’à lécher son sang, jusqu’à le sentir couler dans ma gorge, jusqu’à ce que le plaisir de la libération ne se fasse sentir. Je n’avais pas été le plus rapide, soyons honnête, mais le temps de prendre ce que j’avais besoin et d’arrêter l’hémorragie pour la faire passer pour un bobo qu’il avait soigné lui-même, une bonne dizaine de minute avait du s’écouler. Je retournais dans la salle alors que l’homme ne devait même pas s’être aperçu de la supercherie et moi, j’étais bien plus détendu. Fendant la foule sans trop de problème, je retrouvais ma place, non sans appeler la serveuse au passage pour lui commander une bière japonaise. La laissant finir son travail, je soupirais en attendant qu’elle disparaisse avant de porter un regard un peu plus serein sur lui. « C’est assez vexant de dire à un homme qu’il ne pourra pas vous donner ce que vous voulez, surtout quand c’est vous que venait le chercher. », ça aurait pu en faire reculer plus d’un d’ailleurs.

« Je suppose donc que si la liste de mes demandes et mon prix aussi incohérent soit-il serait accepté juste pour entendre une simple reprise ? Je me savais doué, mais pas au point de mettre un riche investisseur à genoux avec un contenu médiocre. », ne pas avoir un contenue original en plus. L’arrogance avait pleinement retrouvé sa place sur mon visage, tout comme l’envie d’en comprendre plus sur lui, sur ses motivations. Je n’étais pas un objet de collection, clairement pas, mais cet homme ne devait pas avoir grand chose à faire de sa vie pour accepter de répondre aux demandes extravagante d’artiste. « Un homme qui aime l’art pour l’art, qui considère la création comme pouvant assouvir un besoin cache forcément quelque chose, ou manque beaucoup trop d’occupation et de talent pour subvenir à ses propres besoins. », que cachait-il ? Pour ma part je n’essayais même pas de dissimuler la différence entre au début et maintenant. Mon esprit n’était plus contenue dans un étaux brulant, j’étais plus à même de comprendre à quel jeu je jouais. Je n’en serais pas plus facile, je n’en serais pas moins compliqué à convaincre. Je restais persuadé que rien de ce qu’il pourrait me proposer suffirait, mais j’aimais bien connaitre l’étendu de son champ d’action, surtout si je devais le supporter jusqu’à la fin de ce repas. Si il pensait sincèrement pouvoir me convaincre que sa soif était supérieur à la mienne, c’était peine perdu déjà…

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 19:44
Que ce soit par fierté, stupidité ou simple envie de m’agacer, il ne semblait réellement pas prêt à admettre qu’il puisse réellement désirer quelque chose de plus que tout ce qu’il possédait déjà. Et je me révélais parfaitement incapable de le croire sur ce point. Nous avions déjà convenu qu’il ne s’agissait pas de possessions matérielles, mais il y avait forcément quelque chose et tandis qu’il s’évertuait à nier, je redoublais d’imagination pour lui faire entendre raison. Et je l’observais, encore, toujours, comme si la réponse finirait par s’afficher sur ses traits. De quoi souffrait-on quand on avait déjà tout ? La solitude, peut-être ? Il y avait, après tout, peu de place au sommet d’une montagne. La lassitude ? D’être sans arrêt attendu au tournant, sans arrêt sous le feu des projecteurs… Il devait bien y avoir quelque chose et malgré ma grande patience, je commençais à ne plus tellement avoir envie d’attendre qu’il se décide à parler tout seul. J’envisageais ainsi de lui poser la question plus clairement, de proposer mes théories en espérant que l’une d’elle lui tirerait une réaction, mais il ne m’en laissa pas l’occasion et s’excusa, quittant assez soudainement la table.

Je le suivais des yeux sans cacher ma surprise, m’adossant à ma chaise tandis qu’un soupir m’échappait. Cet homme semblait décidé à être une vraie plaie et il me faisait probablement perdre mon temps, avec ça. Il disparut dans un coin du restaurant, me forçant à reporter mon attention sur autre chose. Attention aussitôt détournée par la serveuse qui revenait pour prendre notre commande. Mon regard se posait un instant sur l’endroit où venait de disparaître mon invité et je décidais finalement de commander pour nous deux, un large plateau de sashimis et une bouteille de vin blanc. De nouveau, je me retrouvais seul alors que la serveuse repartait vers les cuisines. Les minutes filèrent, presque interminables, sans qu’il ne revienne. Je doutais qu’il m’ait laissé en plan et soit sorti en douce par derrière, il ne me donnait pas l’impression d’être le genre à s’encombrer d’une bonne excuse pour mettre fin à une conversation ou à un rendez-vous qui l’ennuyait. Alors que fabriquait-il ?

J’évitais de lui poser la question lorsque, enfin, il revint s’asseoir face à moi, mais ne retenait pas un regard appuyé ne cachant rien de ce que je pensais d’un tel manque d’éducation. Et ce fut étonnement lui qui osa me reprocher un manque d’égard pour son ego, ce à quoi je ne répondis que par un sourire. La bonne nouvelle, c’était qu’il semblait tout à coup moins tendu et finalement prêt à négocier sérieusement. “Si ce que vous désirez est à ma portée, alors oui, vous l’aurez à la seule condition de jouer pour moi.” approuvais-je sobrement. “Une pièce de votre composition, bien entendu, mais ça m’est égal si vous l’avez déjà joué auparavant.” Je ne me laissais pas impressionner par ses insinuations, ne lui répondais que par le même sourire poli, presque enjoué. Effectivement, le prix que j’étais prêt à payer se révélait probablement excessif, mais quelle importance pour lui ? “J’ai, effectivement, beaucoup de temps libre et pas la moitié de votre talent. Le reste de mes motivations n’a rien à voir avec vous et ne vous regarde pas.” Je cachais quelque chose effectivement, mais rien que je ne puisse partager avec lui, hélas. Me croirait-il seulement si je lui disais qui j’étais ? Impossible. “Si vous craignez…” Cette nouvelle tentative fut coupée par la serveuse qui revenait vers nous et posait sur la table le contenu de notre repas. Je la remerciais d’un sourire et attendais patiemment qu’elle s’éloigne pour reporter mon attention sur le musicien. “J’ai pris la liberté de commander, mais ne vous gênez pas pour demander autre chose si vous le souhaitez.” déclarais-je sans m’intéresser davantage au plateau. Je remplissais nos deux verres de vin sans lui demander son avis et reprenais finalement. “Je disais donc, si vous craigniez un manque d’honnêteté de ma part, nous pouvons parfaitement signer un contrat en bonne et due forme.” Je lui souriais de nouveau et portais mon verre à mes lèvres, avalant l’alcool qui n’aurait pourtant aucun impact sur mon état. Le temps m’avait appris à agir comme un mortel autant que possible, bien que leurs plaisirs ne m’apportent jamais rien. “J’imagine que votre prix sera exorbitant, ne serait-ce que pour le plaisir de m’agacer. Alors, dites-moi, que voulez-vous ?” Peut-être allait-il enfin accepter de me donner une réponse claire. Je me gardais tout de même de m’accrocher à cet espoir. Il semblait peut-être un peu moins éteint, mais ne m’était certainement pas devenu plus sympathique. Et s’il se comportait ainsi avec tout le monde, sans doute n’y avait-il pas grand chose à perdre en pariant sur le fait que son problème toucherait à la solitude. Pour que même moi, je le trouve imbuvable…


Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Jeu 5 Avr 2018 - 20:43
Il ne posait pas de question sur mon absence, c’était déjà ça de prit, pour le reste, il n’y avait rien d’incohérent. Il ne pourrait me donner ce qu’il n’avait pas et sa seule condition restait de m’entendre jouer, une composition personnelle. Bien, il relevait un peu ses attentes, et ce n’était pas pour me déplaire, vraiment. Le léger sourire qui trouva son chemin sur mes lèvres en attesté. Il avoua aussi avoir beaucoup de temps libre et pas la moitié de mon talent, quand à ses motivation… Elles ne me regardait pas. C’était cette partie la qui me dérangeait. Ne pas connaitre les raisons, et le plus frustrant c’est qu’il fut interrompu par l’arrivé de la serveuse. Il avait prit une liberté qui était loin de me déplaire, mais je n’irais pas le féliciter. « Je ne comptais pas la laisser tranquille. », répondis-je simplement lorsqu’il fut question de recommander. Je ne me laisserais très certainement pas mourrir de faim, soyez en sur. J’avais commencé à jouer avec mes baguettes lorsqu’il fut question d’un contrat signable en bonne et due forme. Je n’avais pas peur pour ça, très clairement il ne me faisait pas peur. Si il s’en prenait à moi, il aurait un gentil chien de Lucifer sur le dos, j’en étais certain. « Il est question de jouer du piano je ne me trompe pas, alors à moins que votre aspiration soit d’acheter mon âme, de sacrifier des vierges ou d’ouvrir une porte des enfers, je doute qu’un contrat soit nécéssaire. », mangeant un premier sashimi, je ne pouvais qu’apprécier le fondant du saumon, il n’y avait pas à dire, leurs poissons étaient proche de la perfection. Sytry occupait beaucoup trop mon esprit, je savais déjà ce mec différent, je ne savais pas comment, mais son sang ne m’apportait rien. Peut-être était-il malade, quand c’était le cas il n’y avait pas le même attrait, mais ce n’était pas une raison pour passer pour un fou, « Rassurez-vous, j’ai vendu mon âme la première fois que j’ai touché un piano, les vierge ne sacrifient que leurs virginités avec moi, élégant je sais, et au vue de l’état du monde et des guerres, un mec a déjà du avoir l’idée d’ouvrir la mauvaise porte », je l’avouais aussi, je tentais de voir si il y avait la moindre réaction par rapport à ça qui pourrait me donner envie de reculer, même si je doutais vraiment qu’un démon soit assez con pour doubler Sytry, on n’était pas à l’abri. Il avait parlé de contrat, on ne parlait pas de contrat sans raison, sauf si il me pensait vraiment psychorigide. Quoi qu'il en soit, je devais m'assurer qu'il n'était pas dans le même camps que moi. Quand à la suite, il devait commencer à savoir comment je fonctionnais, mais il se trompait.

« Je ne suis pas sur qu’un chiffre puisse vous agacer. », soufflais-je en descendant sans doute beaucoup trop vite ce verre de vin. J’avais de véritable possibilité de l’emmerder et je n’étais pas certain que l’argent en fasse partie. « 10 000 par heure, une voiture pour m’amener et pour me raccompagner, un repas dans la même veine que celui là, une bonne bouteille, un Shigeru Kawaï SK-EXL Concert pour jouer, au minimum, la possibilité d’accéder à votre collection privé… », il y avait un et, très clairement, détachant mon regard du sien, je descendais sur ce que je pouvais voir, il n’avait pas l’air mal, soyons honnête, et peut-être que je comprendrais pourquoi son sang ne me faisait pas chanter si je me laissais aller à plus d’intimité, « Et le droit de pouvoir abusé de votre corps le temps d’une étreinte. », une heure et le piano lui couterait déjà 170 000 dollars, le repas, soyons sympas, partons sur une centaines de dollars, tout ça ce n’était que de l’argent, mais demander à coucher avec lui, j’avouais que le coup de poker pouvait se trouver là. Aucun doute qu’il pourrait se révéler intéressant sans ses vêtements dans un lit, ou n’importe ou en fait. Coucher n’avait pas vraiment d’importance, et bien souvent, c’était pour avoir ce que je voulais, rien de plus. Alors si il refusait, ça ferait peut-être un peu prostitué de dire ça, mais il n’y aurait rien d’autre. Il n’était pas question d’un contrat quel qu’il soit, juste de fait, juste de pouvoir jouer avec reconnaissance et d’y gagner autre chose que mon âme… Si j’en avais encore une.

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Ven 6 Avr 2018 - 12:50
Je tâchais sérieusement de rester calme, mais la petite liste qu’il fit pour refuser ma proposition de mettre en place un véritable contrat me filer lever les yeux au ciel. Il était absolument insupportable et je commençais à me demander sérieusement si sa musique valait la peine de supporter tout le reste de sa personne. L’avantage résidait dans le fait que je ne m’encombrais généralement pas de conversation lorsque je profitais du talent de mes artistes et avec lui, je savais déjà que je ne ferais même pas l’effort d’essayer. “Très bien, pas de contrat alors.” approuvais-je pourtant, n’oubliant pas que mon but premier était d’obtenir sa coopération. Et si, pour cela, il me fallait me contenir, je m’y efforçais tant bien que mal. Je buvais encore un peu de vin en l’écoutant poursuivre, mais me tenait pour l’instant loin de la nourriture, beaucoup trop concentré sur la conversation pour me permettre la moindre chance d’une distraction. Et il revenait à la charge avec une question de chiffre, m’arrachait un nouveau regard exaspéré, sans que je ne cherche pour autant à l’arrêter.

La liste de ses exigences se révélait tout aussi exorbitante que je l’avais imaginé. Rien qu’avec ce qu’il demandait de matériel, j’en aurais pour une bonne centaine de milliers de dollars. Ça n’était pas un problème, certes, j’avais largement les moyens de le satisfaire, mais je n’en avais plus tellement l’envie. Dix mille dollars de l’heure pour l’écouter jouer, sérieusement ? Je reposais mon verre un peu brusquement sur la table à la suite. Abuser de mon corps ? Mon regard se posait sur lui et, deux bonnes minutes, je restais silencieux à l’observer. Deux choses me dérangeaient réellement dans ses demandes. Deux choses seulement, mais je savais que refuser une seule d’entre elles me ferait perdre les négociations pour de bon. “Par ‘prix’ je n’entendais pas forcément une somme d’argent, vous savez. Mais vous aurez votre piano, votre chauffeur et votre repas s’il n’y a que ça pour vous faire plaisir.” accordais-je dans un premier temps. Le reste serait plus compliqué et j’avais volontairement conservé quelque chose que j’aurais pu lui accorder sans problème afin d’avoir une carte à jouer pour la suite des négociations. De nouveau, je tombais dans le silence et triturais l’anneau à mon oreille tandis que je le jaugeais, cherchant soigneusement mes mots.

“Pourquoi voudriez-vous accéder à ma collection ?” demandais-je finalement, décidant qu’il valait mieux repousser encore un peu les termes de notre accord. C’était probablement le point qui me mettait le plus mal à l’aise dans toute la liste de ses doléances. Cette collection était large et contenait des œuvres originales de grands maîtres, qu’ils soient peintres, poètes, sculpteurs… Des pièces originales, certaines considérées comme perdues depuis des siècles, d’autres dont on ne connaissait même pas l’existence. S’l connaissait quoi que ce soit à l’art, il se poserait des questions et je n’avais aucune envie d’y répondre. Pas plus que je n’avais vraiment envie de partager ces trésors avec un autre. “Vous ne me semblez pas le genre d’homme à aimer passer la journée dans un musée à admirer des toiles.” soulignais-je, comme pour justifier ma question. Que voulait-il réellement ? Seulement me tester ?


Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Ven 6 Avr 2018 - 13:37
Quelque chose l’avait fait tiquer, mais quoi ? J’avais visé juste, je le savais, mais il ne semblait pas vouloir se révéler immédiatement, il ne semblait pas prêt à donner une réponse. Plus il attendait, plus je savais qu’il y avait un loup, quelque chose qu’il cachait, quelque chose qui n’était pas aussi simple pour lui à envisager. Oh bien sur cela pouvait venir simplement du fait que j’étais imbuvable et que j’en demandais beaucoup trop, cela pouvait aussi venir du fait qu’un homme que vous ne connaissiez pas vous demandant tous ça n’était pas engageant. Il pouvait y avoir bien des raisons. Mais tant qu’il gardait le silence je ne pouvais pas les deviner. Beaucoup moins tendu que lui, je continuais à manger, tranquillement, ne faisait pas un drame de son silence, du moins jusqu’à ce qu’il le brise enfin, me faisant poser mes baguette pour l’entendre critiqué mon premier degrés. Certes, je lui accordais le point. J’aurais donc le piano, le chauffeur et le repas si cela pouvait me faire plaisir. Bien, le soucis était donc bien dans sa collection, et peut-être même dans le fait de devoir s’abandonner pour de la musique. Un artiste couchait déjà avec ses oeuvres, il apprendrait peut-être à coucher avec ses collections. Je ne pu d’ailleurs pas retenir le léger sourire qui s’étira sur mes lèvres lorsqu’il demanda pourquoi je voulais y accéder, ajoutant après un silence que je ne semblais pas être du genre à passer la journée au musée. Je voulais savoir qui il était, il voulait comprendre pourquoi je faisais ça, ce que je cherchais, j’en étais presque sur. « Je n’ai en effet pas de temps à perdre pour aller admirer des oeuvres que tout le monde peut voir. », et rien ne surpassait la musique dans tout les cas, alors inutile de s’acharner.

Mais je n’avais pas répondu à la véritable question. Pourquoi vouloir voir sa collection. Rare était les hommes qui accumulé les oeuvres d’art sans un fil d’Arianne, rare était ceux n’y mettant pas son âme. Alors que cachait t’il ? Qu’avait-il déjà trouvé au court de son existence ? « Elle parlera davantage à votre sujet que vous ne pourrez m’en dire. », mais surtout que je voudrais entendre. Son existence exposé par lui ne m’intéressait pas. L’on ne racontait jamais tout, et je le savais parfaitement. Pour les plus expert, ma musique me révélait de plus en plus, s’assombrissant avec les années, depuis que j’étais connu en fait, depuis que Sytry était là. Beaucoup avaient mit ça sur le dos de cette exposition, mais la vérité était autre. Simplement, mon âme ne pouvait plus créer de douceur, de légèreté. Bien sur si l’on m’en commandait la création, j’en étais capable, mais naturellement, je restais sur mes gardes, sur ces acquis sombrant comme mon âme. « Et puis savoir ceux qui ont pu attirer votre attention avant moi est toujours intéressant. », je mentirais en soutenant que j’en avais quelque chose à foutre des peintres, sculpteurs ou créateurs pouvant s’y trouver, mais savoir, savoir ce qui s’y cacher.

Je me méfiais sans doute bien trop des personnes qui m’approchaient, je me méfiais de ceux venant me voir moi, directement plutôt que mon agent, même si ce dernier n’avait pas le moindre intérêt dans mes décisions, il n’était qu’une vitrine évitant à mon téléphone de sonner. Remonter à moi était difficile, pourtant lui avait su. Doué, ou simple intéressé, qui était-il ? « Pourquoi ça vous dérange tant que je veuille y accéder ? », un problème avant l’autre, il n’avait pas évoquer la suite, même si cela devait davantage tenir de ce que l’éducation qu’il avait reçu devait lui imposer. Je lui étais antipathique, je n’allais pas l’aider à m’aimer. Je n’avais pas envie aussi qu’on m’aime et si j’étais honnête, un simple piano aurait suffit à effacer toutes ces inquiétudes. Mais je ne pouvais pas me révéler aussi simple.

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Ven 6 Avr 2018 - 17:21
Si seulement j’avais pu lui avouer qui j’étais, je n’aurais pas résisté bien longtemps à lui parler de ma rencontre avec Freud. Ce jeune homme souffrait d’un grave problème d’ego et il méritait d’être ramené sur Terre où était sa place, mais ce ne serait hélas pas par moi, du moins pas ce soir. Je hochais simplement la tête doucement pour lui faire savoir que je comprenais et écoutais ce qu’il disait, bien que ce ne soit pas totalement vrai, pour le côté compréhension du moins. Il voulait en savoir plus sur moi, pourquoi ? S’il croyait découvrir ce que je lui cachais en admirant ma collection d’oeuvres d’art, il serait probablement déçu et repartirait en se disant que j’avais tout simplement trop d’argent pour mon propre bien. Ça n’était pas totalement faux non plus. “Je n’ai jamais dit que ça me dérangeait, je m’interroge simplement sur ce que cela peut vous apporter.” C’était presque touchant, la façon qu’il avait de croire qu’il pourrait me piéger juste comme ça, sur un mot de travers, un accident d’inattention. “Mais si ça peut vous faire plaisir, vous aurez droit à une petite visite guidée. Sous ma surveillance bien entendu et avec l’interdiction de toucher quoi que ce soit. Ces œuvres sont bien trop précieuses pour que je vous laisse seul avec.” Il me serait toujours possible, après tout, de faire disparaître certaines pièces si je ne voulais pas qu’il les voit et comment l’aurait-il su ? Peut-être étais-je légèrement curieux de voir quelles conclusions il tirerait à mon sujet après cela, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de le détromper. J’avais peut-être été un ange pendant longtemps, mais cela ne m’empêchais hélas plus depuis longtemps à tirer plaisir à remettre les gens à leur place.

“Le sexe.” soufflais-je finalement, changeant de sujet abruptement bien que mon ton soit toujours aussi égal et léger. Je l’observais un instant, lentement, de haut en bas. Il n’était pas désagréable à regarder et probablement l’était-il encore moins sans ses vêtements. Avais-je pour autant l’envie de me prostituer pour l’écouter jouer du piano ? Certainement pas. Pourtant, cette requête plus que toutes les autres m’étonnait. Elle semblait presque incohérente avec le reste et pour un homme doté d’un ego à ce point encombrant, je trouvais presque surréaliste qu’il veuille marchander des plaisirs charnels contre ses talents de musicien. Comme s’il n’était pas en mesure d’obtenir la satisfaction autrement qu’en achetant ses partenaires. Je ne croyais pas tout à fait qu’il manque à ce point d’estime de lui-même, mais je ne rejetais pas cette possibilité entièrement, me concentrais plutôt sur la plus logique pour l’instant. “Avez-vous réellement envie de coucher avec moi ou cherchez vous à trouver mes limites de la façon la plus absurde ?” demandais-je sur le ton de la conversation. “Dans le premier cas, me faire des avances suffiraient amplement à obtenir ce que vous voulez, marchander est absolument inutile. Dans le second…” Il me testait, j’en étais presque certain et jusqu’alors, je lui avais accordé tous les autres points de sa liste. Il n’en restait plus que deux, deux sur lesquels je ne manquerais pas de me montrer plus difficile. “Vous vous confrontez au risque que je n’ai aucune véritable limite… C’est un jeu dangereux. Cependant, j’ai hélas pour principe de ne pas confondre plaisir et affaires et de ne jamais payer pour le sexe. Il vous faudra choisir ce à quoi vous tenez le plus entre profiter de moi ou encaisser un chèque.”

Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Ven 6 Avr 2018 - 18:10
Il n’était pas dérangé à l’idée, alors pourquoi était-il si préoccupé par l’intérêt que j’y trouvais ? Gardant le silence, je le laissais accepter, du moins pas sans sa surveillance et une interdiction formelle de toucher à quoi que ce soit. J’allais donc être babysitté ? Guidé à regarder ce qu’il voulait que je vois ? Ça n’avait donc plus aucun intérêt si je ne pouvais pas prendre le temps de m’y intéresser, de comprendre qui il était. Mais lui dire que je refusais ici ne servait à rien. Autant m’en désintéresser une fois sur place. « Je vais y réfléchir. », soufflais-je avant d’arquer un sourcil à la façon dont il était revenu au second sujet. Je sexe. J’avais suivi son regard se poser sur moi, et si j’avais su rester calme, je ne pus m’empêcher de sourire. Il s’intéressait au bien fondé de ma demande ? Car si j’avais réellement envie de coucher avec lui, de simple avance auraient suffit pour obtenir ce que je voulais. Et si je jouais… Je pourrais être surprit de ne rencontrer aucune limite, malheureusement pour moi, il partait du principe assez noble, mais tellement commun, de ne jamais allier plaisir et affaire, et donc de ne jamais payer pour du sexe. J’allais donc devoir choisir ce que je préférais le plus entre profiter de lui et encaisser un chèque. Je n’aimais pas choisir, je n’aimais pas non plus qu’on me refuse quelque chose.

« J’aurais dit un peu des deux. Je devine un corps assez agréable pour passer un bon moment, et j’aime bien faire des demandes absurde. », demandes souvent accepté d’ailleurs. Le vrai soucis, c’était que je voulais comprendre pourquoi je ne voulais pas son sang, pourquoi malgré la faim qui avait trouvé sa place dans mes veines, je n’avais pas eu envie de lui prendre. J’étais suffisamment habitué et dépendant à présent pour savoir quand quelque chose n’allait pas. Et ce mec, n’allait pas. Il était à mon tours de jouer mes cartes. Me redressant légèrement, je soufflais, mon regard plongé dans le sien sans même défaillir. « Je ne sais pas si vous avez connu beaucoup de musicien, mais quand je joue, je suis complètement à nu, un vrai livre ouvert, sincère, bien plus que je ne le serais jamais… », sur ce point je ne mentais pas, « Alors à moins que vous soyez du genre à simuler, j’aime bien retrouver la même franchise sans avoir besoin de parler… », ce qui était vrai, les gens était les plus sincère quand la jouissance les prenaient, mais surtout, sa peau contre la mienne suffirait à me faire comprendre réellement. « Et puis, sans prétention, si vous ne prenez aucun plaisir en m’écoutant, je pense qu’il est inutile de vouloir m’ajouter à votre collections, vous perdrez votre temps. », il était bien question de ne pas confondre plaisir et affaire non ? Et je ne connaissais pas grand monde pouvant affirmer s’être ennuyé avec moi à la composition. Il y trouverait une certaine satisfaction, j’en étais sur, alors pourquoi le nier. « Et j’ai jamais dit que ce moment serait comptabilisé dans le prix, ça, ça ne concerne que mes doigts sur un piano… Pour le reste, perdre vos vêtements et prendre du plaisir avec un inconnu serait si dramatique que ça ? », j’avais sans doute aucun honneur, je voulais bien le croire, j’avais déjà couché pour essayé de réussir, j’avais manipulé plus d’une fois et je continuais à abuser de mes charmes pour être un parfait petit soldat. Il avait raison de se respecter, c’était tout à son honneur même, mais ça me déranger, il y avait une question qui resterait sans réponse tant que je n’aurais pas gagné une proximité avec lui, et je comptais bien obtenir ce que je voulais.

« Ce besoin d’accumuler des choses, ce respect de vos convictions, tous ça… Vous êtes en bonne santé ? », demandais-je sans doute un peu brusquement, mais la maladie pourrait expliquer qu’il ne m’attire pas et même si il pouvait mentir, j’osais espéré que la surprise pourrait trahir la vérité. Un nouveau coup de poker qui d’ailleurs se solda sur la fin de ce verre de vin et l’arrivé bien trop tardive de ma bière qui perdit déjà en contenance à peine arrivé sur la table. J’avais besoin de savoir.

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Sam 7 Avr 2018 - 11:44
Il m’arrivait rarement d’être ainsi confronté au mystère. Après des millénaires à vivre, je devais admettre, non sans un certain désespoir, que j’avais plus ou moins expérimenté tout ce que le monde pouvait offrir et rencontré tout type de personnes. La surprise ne faisait plus partie de mon quotidien depuis un moment. Cet homme… Il ne m’étonnait pas réellement, pas profondément, mais quelque chose à son sujet m’échappait totalement. Quelque chose dans la conversation que nous avions actuellement manquait de sens. Je n’achetais plus sa petite représentation du type arrogant et provocateur sans aucune arrière-pensée. “J’ai connu plus de musiciens que vous ne pourrez jamais l’imaginer, mais je dois admettre que peu avaient votre orgueil.” soufflais-je dans un sourire. Son raisonnement n’était pas totalement incohérent, certes. Il s’offrait à moi en acceptant de jouer pour moi, d’une façon plus intime qu’il n’y paraissait. Mais je ne croyais pas à cette simple volonté d’être sur le même pied d’égalité en m’offrant à lui à mon tour. Peut-être car je savais qu’il n’apprendrait rien de plus de moi, même en me voyant à un moment où j’aurais dû être le plus vulnérable, sans barrières, sans filtres… “Si ce n’est pas comptabilisé dans le prix, pourquoi en parler maintenant ?” m’étonnais-je. Vraiment, je ne comprenais pas sa manière d’agir. Probablement essayait-il de montrer ô combien il était au-dessus de tout en proposant une relation sexuelle comme s’il ne s’agissait de rien de plus qu’un contrat équitable et, honnêtement, je trouvais cela profondément triste pour lui. Ces idiots de mortels ne réalisaient vraiment pas la chance qu’ils avaient… “Enfin, qu’importe, si ce n’est pas absolument nécessaire pour que vous remplissiez votre part du marché, alors disons que je refuse cette possibilité en tant que paiement, mais que je reste ouvert à ce que cela arrive de façon plus… naturelle.”

Mon sourire poli revint aussitôt ces quelques mots lâchés et je m’éloignais pour me rappuyer contre le dossier de ma chaise, retrouvant un peu de distance entre nous. Sans véritable intention d’avaler quoi que ce soit, je finissais par attraper mes baguettes à mon tour et je les faisais rouler entre mes doigts en observant distraitement le plateau installé entre nous. Je n’avais pas encore décidé si je souhaitais manger quelque chose ou non qu’il posait une nouvelle question. Mes yeux remontèrent aussitôt sur lui et de nouveau, ce fut le silence qui lui répondit en premier lieu. C’était une étrange question à poser à quelqu’un. Et l’ironie de cette demande me frappait avec délice. “Je suis en excellente santé, merci de vous en préoccuper.” répondais-je, affable. Que cherchait-il encore ? [color=#d76666“Je ne savais pas qu’avoir des principes constituait en un symptôme, je voyais plutôt cela comme une preuve de maturité.”[/color] Je l’attaquais à mon tour et sans doute était-ce une erreur, mais la passivité derrière laquelle je me cachais habituellement ne fonctionnait pas avec lui de toute façon. Il cherchait quelque chose et il aimait provoquer. Quel mal y avait-il à lui faire goûter son propre traitement ? “Je vous l’ai déjà dit, si j’aime collectionner les oeuvres d’art sous toutes leurs formes, c’est simplement parce que c’est le meilleur moyen pour moi d’obtenir ce que je désire le plus en ce monde, ça n’a rien à voir avec une grave maladie.”

Je cessais de lui prêter attention après cela et me décidais enfin à goûter une tranche de saumon, m’offrant quelques secondes d’indifférence à son égard, sans autre but que d’appuyer le côté désinvolte de ma personne. Mais après avoir avalé ce premier morceau, je m’intéressais de nouveau à lui. “Vous êtes dur en affaires… Vous m’avez convaincu de l’être à mon tour. Je veux que vous jouiez votre pièce la plus complexe. Je vous paierai 25 000 $ si votre représentation est à la hauteur de mes attentes. Et seulement 1 000$ de l’heure si ce n’est pas le cas. Bien sûr, le piano et toutes vos autres exigences sont toujours accordées, à l’exception de mon corps. Mais vous êtes toujours libre d’essayer de me mettre dans votre lit quand même si vous y tenez réellement.” J’espérais presque qu’il se trouve encore médiocre quand viendrait le moment de jouer pour moi, ne serait-ce que pour ne pas me faire regretter la fin prématurée de notre arrangement. Car sans que le marché ne soit encore assuré, je devinais déjà que je n’exigerais pas plus d’une séance avec lui.


Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Sam 7 Avr 2018 - 19:08
Il avait peut-être su rencontrer du beau monde, mais je doutais que quelqu’un soit aussi doué et sincère que moi derrière un piano. Oh certes il y avait des gens que je respectais et qui m’avait donné envie de jouer, mais je doute qu’il se laisse approcher et pour la plus part ils étaient morts depuis longtemps. Musicalement, je m’étais construit seul. C’était en revanche l’image médiatique qui ne l’était pas, alors j’avais le droit d’être parfaitement imbuvable si je voulais. Je n’avais pas eu besoin de cours forcer, de tricher pour être le meilleur, simplement pour que ça se voit. La question de l’homme était légitime, pourquoi en parler maintenant, si ce n’était pas prix en compte dans le prix ? Je me voyais mal lui expliquer qui j’étais, ni ce que je voulais faire de lui, ce que je voulais réellement comprendre. Il la refuserait en terme de payement, mais il ne fermait pas la possibilité en tant que désir purement naturelle. J’avais besoin de savoir, il n’aurait pas vraiment le choix. « Voyez ça comme un compliment, rien de plus, il est évident depuis que je vous ai vu que je ne serais pas contre en découvrir plus. Je m’assures en quelque sorte qu’il n’y ait aucune surprise. », je saurais ce qu’il était. Ne pouvant exclure la possibilité d’une personne simplement malade, je l’interrogeais, attirant le silence avant qu’il ne daigne m’affirmer qu’il était en bonne santé, mais qu’il pensait le fait d’avoir des principes comme un signe de maturité, pas de faiblesse. Il n’était pas malade, du moins rien qui ne soit difficile et qui aurait pu le faire réagir. En revanche, il ne se laissait plus attaquer sans réagir. « Alors le monde a encore des choses m’apprendre. », me contentais-je simplement de répondre. C’était tout, il n’y avait rien de plus à dire. Je n’avais pas envie de m’agacer sur lui, j’avais déjà bien du mal à me contenir avec d’autre.

Il aimait simplement collectionner les oeuvres d’art pour obtenir ce qu’il désirait le plus au monde, ça n’avait rien à voir avec une maladie grave, « Et que désirez vous ? », demandais-je simplement. Cherchant peut-être à le faire se trahir dans un moment d’inattention. J’avais peu d’espoir, je devais le reconnaitre, mais ne savait-on jamais. Descendant ma bière alors qu’il mangeait enfin, je ne pus m’empêcher de chercher quelque chose chez lui pouvant tout justifier, ce qui me valu simplement une reprise des négociations. 25 000 si ce que je jouais valait la peine d’être entendu. 1 000 si ce n’était pas le cas. Il jouait avec mon égo, il me mettait au défis, j’acceptais. « Entendue. », me contentais-je de répondre en reposant ma bière. Je ne gagnerais rien à négocier à nouveau. Au final, ce que je voulais, c’était comprendre qui il était, lui faire face ne m’aiderait pas. Je devais me rendre sans doute un peu plus sympathique pour espérer l’approcher assez. Il me faisait tourner en bourrique, très clairement, mais en quoi pouvais-je lui en vouloir ? J’avais commencé et il semblait bien plus rodé à l’art des négociations de les autres. Il faut dire que depuis que Sytry y avait mit son nez, plus grand chose me résistait. Mais c’était plaisant en sorte, du moins jusqu’à ce que le mystère tombe. Une fois que je comprendrais pourquoi il ne me faisait pas naturellement chanté, il n’y aurait pas plus d’intérêt non ?

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Sam 7 Avr 2018 - 21:55
J’arquais un sourcil lorsqu’il prétendit vouloir éviter les surprises. Je trouvais cela d’une telle tristesse. Ou du moins aurais-je trouvé cela triste si j’avais cru un seul mot de ce ramassis de mensonges qu’il me sortait pour essayer de rattraper le coup. Ce qui n’était pas le cas, mais je notais quand même qu’il tenait donc réellement à se retrouver dans mon lit. Vraiment étrange. Je ne comprenais pas bien sa stratégie et doutais sérieusement qu’elle soit habituellement plus efficace qu’elle ne l’était en ce moment. Avec les groupies, peut-être, mais je n’en étais pas une. “Les surprises, c’est ce qui fait le sel de la vie.” notais-je simplement avant de passer à autre chose. Je lui avais déjà accordé une chance, je ne fermais pas la porte à un rapprochement d’ordre physique entre nous, simplement je lui souhaitais d’être un peu plus attrayant s’il voulait parvenir à ses fins. Malheureusement pour lui, j’avais vécu des millénaires sans rien connaître des plaisirs charnels et bien que je sois désormais l’esclave d’une enveloppe humaine, je parvenais encore à m’en passer sans trop de mal. Et je ne voyais sincèrement pas ce qu’il pourrait y avoir de plaisant à une relation mécanique et forcée, on en perdait toute l’essence.

Il ne semblait pas vouloir insister davantage, sur ce sujet du moins et préféra revenir à la charge avec l’une de ces questions auxquelles je n’avais aucune envie de répondre. Ce que je désirais… Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même d’avoir osé parler un peu trop, mais il me semblait trop centré sur lui-même pour oser poser des questions sur les autres. Visiblement, je l’avais mal jugé. Je prenais tout de même quelques secondes pour réfléchir à la question ou plutôt à une manière d’y répondre sans trop en dire. Je gagnais encore quelques secondes en avalant un peu de vin, mais finissais par me décider. “Comme n’importe qui d’autre, combler un vide.” Mon sourire n’avait pas tremblé à cet aveu. C’était une façon à la fois très… terrestre de répondre à sa question et pourtant, je le réalisais en le disant, très sincère aussi. J’avais perdu plus que mes ailes lors de ma chute, je l’avais toujours su. “C’est ce qu’on cherche tous, pas vrai ? Quand on poursuit la gloire, la richesse, l’amour, la connaissance… On essaye de compenser un manque. Je ne suis pas différent des autres, seulement beaucoup plus fortuné.” Je lâchais un rire manquant sérieusement d’humour, mais qui faisait assez bien l’illusion. Et je me prenais à croire, l’espace d’une seconde, qu’il comprendrait cela sans que je n’ai besoin d’en dire plus. C’était un sentiment tellement commun, mortellement commun. “D’une façon ou d’une autre, l’art me permet de combler ce vide l’espace d’un instant.”

Après avoir dit cela, je l’observais, curieux et de nouveau je me demandais ce que lui désirait réellement. Ça n’était pas mon argent, pas mon corps non plus, qu’importe ce qu’il prétendait, mais il devait y avoir quelque chose. “Qu’est-ce que vous voulez vraiment, vous ?” Je m’étais déjà heurté à un mur plusieurs fois en lui posant cette question, mais l’ambiance changeait peu à peu, peut-être serait-il plus enclin à répondre cette fois et je décidais même de l’aider un peu. “La reconnaissance ? L’admiration ? L’amour ? Je sais que ce n’est ni mon argent, ni mon corps, mais il y a forcément quelque chose qui vous manque.” J’avais joué à son jeu, je m’étais montré direct et honnête, je lui avais accordé presque tout ce qu’il prétendait vouloir… Il pouvait bien faire un effort pour être sincère à son tour, non ? Je ne le lâchais plus des yeux et je devinais, à la fois déçu et amusé, qu’il continuerait de mentir quand même. Qu’importe ce qu’il cherchait, il était probablement trop fier pour le dire à voix haute.


Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Sam 7 Avr 2018 - 22:50
Au vu des surprises que j’avais eu dernièrement, je n’étais pas très chaud à l’idée dans laisser de plus arriver, d’autant qu’il était claire que je n’aurais pas de réponse exacte. De quoi était-il fait ? Préférant ne plus rentrer de ce sujet, j’avais relevé une nouvelle possibilité de comprendre ce qu’il cherchait, d’après lui c’était un vide. Il voulait compenser un manque. C’était bancale, je n’arrivais pas à savoir pourquoi, mais c’était bancale. On ne pouvait pas se dévouer autant juste pour un manque. Il y avait forcement quelque chose d’autre. Bien sur j’étais mal placé pour parler, j’avais toujours eu peur de l’abandon, peur de ne pas être assez bon, de ne pas justifier ma place, et puis j’avais ressenti de la colère à ne pas être reconnu, et tout ça m’avait poussé dans cette situation ou je ne voulais plus que le bien de ma soeur, ma liberté. Pourtant une part de moi refusé l’idée de tout perdre, refusé la possibilité que tout s’arrête. Je ferais quoi si la musique ne suffisait plus ? Aussi arrogant que je pouvais être, je n’en menais pas large, ce n’était qu’une illusion, et il ne la percerait pas. Après je ne pouvais pas lui en vouloir d’essayer, j’avais moi-même reposé la question et il avait répondu, ok, je n’étais pas convaincu, mais il avait apporté une réponse. Il était normal qu’il en attende autant.

« Je doute trouver la moindre reconnaissance, la moindre admiration, ni la moindre forme d’amour chez vous pouvant combler quoi que ce soit. », soufflais-je dans un premier temps. Si on s’arrêtait à ce qui avait pu me pousser à tomber dans les griffes de Sytry, j’avais de sérieux doute sur ce que lui aurait pu faire. Je cherchais de la reconnaissance, mais être une pièce parmi tant d’autres n’avait aucun intérêt. De l’admiration ? Elle ne se limiterait qu’à mes créations. Quand à l’amour ? Seul celui que me portait Alice avait de l’importance, le reste était tellement volatil… « Comprendre qui vous êtes… », finis-je par souffler, étonnement honnête, même si cela pourrait lui paraitre faux. Superficiel. Il y avait quelque chose qui clochait dans le personnage, je le savais, et son sang n’était qu’un indice. Mais lui dire complètement ? Non, je ne pensais pas que ce soit une bonne idée. « Mais d’un point de vu plus global, je dirais la reconnaissance ? Je suppose. », il suffisait de lire ce que l’on pouvait trouver de moi sur internet. Enfant adopté par une famille croyante, le besoin de faire ses preuves, le décès de mon père adoptif, les combats, et finalement la réussite. Tout ce jolie petit tableau que l’on faisait de moi était vrai dans les grandes lignes et encore une fois ça ne serait pas mentir. Seule ma désinvolture pouvait jouer contre moi. Mais qu’il prenne ça pour une réalité ou un jeu, cela ne me dérangeait pas vraiment. Avec toute la bonne volonté du monde il ne pourrait pas mettre le doigts sur le problème. Tout comme j’avais l’impression que cette part d’ombre me serait difficilement révélé. C’était frustrant. « Pour le reste, j’ai l’arrogance de croire que rien ne me manque vraiment. », ce qui était sans doute vrai entre nous, hors mit ce qui était élémentaire bien évidemment. La discussion ne s’attarderait sans doute pas plus, il y avait des risques, risques que je bois, que je le braque et que je reste sans ma réponse. Et puis je n’étais pas vraiment sociable, alors me forcer n’était pas dans mes gènes, du moins pas avec un inconnu.

Nolen Y. Xiao

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Dim 8 Avr 2018 - 0:15
Comme je l’avais présumé, ce qu’on pouvait lire de cet homme sur Internet n’avait vraiment pas grand chose à voir avec la réalité. C’était souvent le cas, mais pour le coup, cette pensée m’arrachait un sourire et un genre de plaisir assez inattendu. Je ne comprenais pas ce qu’il avait, ce qui pouvait bien clocher chez lui. Ça m’intriguait, prétendre l’inverse aurait été un mensonge trop gros, même pour moi. Mais je devinais aussi que je ne l'apprendrai ni ce soir, ni même probablement jamais. Dans tous les cas, il semblait une fois encore vouloir échapper à ma question et sa réponse… Pourquoi devait-il ramener cela à moi ? “Je n’ai jamais dit vouloir vous offrir une seule de ces choses. Je me montre simplement curieux.” J’avais même dit tout le contraire, n’est-ce pas ? Je lui avais promis un substitut de ce qu’il aurait pu vouloir, tout comme sa musique ne serait pour moi qu’un substitut de ce que je désirais. Peut-être cherchait-il à me blesser ou à m’atteindre d’une certaine façon, pitoyable et hautement inefficace, mais je ne croyais pas que ce soit. Peut-être essayait-il plus probablement de se défendre, de se protéger. Une perte de temps aussi, mais je n’avais pas d’énergie à perdre pour lui prouver ma bonne foi.

Il finit par me répondre et une fois encore, il parvenait à me surprendre. Mes doigts se crispèrent sur le verre que j’espérais soulever de nouveau, tuant mon geste dans l’oeuf et je relevais les yeux vers lui, affichant l’air de quelqu’un qui venait d’entendre une plaisanterie amusante. Je ne répondais rien sur le coup et cachais mon sourire derrière mon verre de vin. À peine une heure plus tôt, il était prêt à me congédier sans avoir pris le temps d’écouter ce que j’avais à dire et maintenant, il voulait me comprendre ? J’eus à patienter encore quelques secondes pour qu’il accepte de m’offrir un peu plus que cela et sa réponse était tellement décevante qu’elle m’arracha un léger grognement. “Vous êtes un homme chanceux.” décidais-je finalement. Car c’était le cas, après tout. Il l’était plus que moi en tout cas. “Si vraiment vous ne désirez rien au monde que ce que vous avez déjà, alors je vous envie sincèrement.” J’aurais voulu trouver cette paix ou pouvoir me bercer d’illusions à ce point, au choix. Ça n’arriverait jamais, j’en avais hélas douloureusement conscience.

Je reposais mon verre sur la table et plongeais une main dans la poche de ma veste, farfouillant quelques secondes tout en lui parlant. “J’aimerais pouvoir vous donner satisfaction et vous en dire plus à mon sujet, mais comme pour le sexe, j’estime que connaître quelqu’un est bien trop intime pour que ce ne soit qu’une transaction commerciale. Ça exige une certaine forme de confiance et un consentement mutuel, ce qu’il n’y a pas ici ce soir.” Je posais un petit rectangle en carton blanc bien à plat sur la table et le faisais glisser vers lui du bout des doigts. Au centre de la carte, on pouvait y lire en lettres dorées le nom que j’utilisais pour ce genre de marchés, Nyx, et en dessous un numéro de téléphone. “Et comme pour le sexe, peut-être que je finirais par vous céder si vous savez vous montrer plus convaincant.” Je lui souriais de nouveau et désignais la carte de visite d’un geste du menton. “Appelez-moi quand vous serez disponible pour jouer, j’enverrais une voiture vous chercher.” Je laissais une courte pause avant de reprendre. “Vous pouvez aussi m’appeler si vous voulez discuter ou que vous avez faim.” Je ne faisais pas le moindre geste pour partir après ça et me détournais plutôt de lui pour récupérer mes baguettes. Je n’avais toujours rien mangé et je devais régler l’addition de toute façon, alors autant profiter un minimum du repas. Mais nous étions parvenus à un accord, qu’importe s’il ne me satisfaisait pas totalement, alors je ne le retenais pas s’il voulait mettre fin à cette entrevue. Je ne l’empêchais pas non plus de rester, en fait, je n’étais rien de plus que curieux de savoir comment finirait cette soirée.

Thomas G. O'Connel

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MessageSujet: Re: Send shivers down my spine + Thomas & Nolen   Lun 9 Avr 2018 - 11:16
Curieux, il pouvait l’être, tant qu’il ne cherchait pas réellement la merde. À première vu et en mettant de côté l’aspect surnaturel de ma vie, les choses allaient à merveilles. Il n’avait rien qui pourrait me faire envie, qui pourrait ne serais-ce que me donner le moindre intérêt à lui céder. Oui, je pouvais paraitre chanceux, même si la vie qui m’attendait était semblable à un enfer. Je n’en obtiendrais dans tout les cas pas plus avec lui aujourd’hui. Que ça me plaise ou non d’ailleurs. Regardant le carton blanc apparaitre sur la table, je le fixais un instant, déchiffrant les lettres finement imprimé sur cet encart avant de l’entendre souligner cette histoire de sexe. Il insistait plus qu’il ne l’aurait du sans doute pour quelqu’un préférant vivre cela de façon naturelle. Remontant les yeux lorsqu’il fut question de l’appeler pour discuter ou si j’avais faim, je doutais sincèrement en avoir un jour l’envie. Déjà si je venais jouer chez lui, je ne serais sans doute pas très loquace, sans doute pas très ouvert à ce genre de chose, « Je vais éviter de vous imposer cela. », soufflais-je avant de réaliser que finalement, nous n’avions plus vraiment besoin de continuer. De faire semblant de quoi que ce soit. Les bases avaient été posé, nous savions à peu près ou aller, ce que l’un attendait de l’autre. Le plus frustrant était sans doute de ne toujours pas savoir pourquoi il ne me faisait pas chanter. Pourquoi je restais insensible à ce qui pouvait couler dans ses veines. J’allais devoir prendre mon mal en patience, très clairement. Et je n’étais pas des plus patient.

Tendant finalement la main vers sa carte, je la saisis avant de jouer légèrement avec, le temps sans doute de réaliser que je n’avais plus envie d’être là. J’avais envie de rentrer, de retrouver un milieu que je maitrisais à peu près. Lui, même si c’était intéressant d’avoir de la résistance, il y avait trop de chose qui m’échappait et la dernière personne à m’avoir fait ça c’était un démon. « Je vais me permettre de vous fausser compagnie alors, j’ai du travail à finir. », ce qui était vrai. J’avais encore beaucoup trop de chose à faire pour estimer avoir fini. Et puis retourner dans ma bulle ne serait pas dérangeant alors. « Merci pour le repas et cette offre, je vous tiens au courant. », rapidement ou non, on s’en fichait, c’était surtout pour me donner la possibilité de partir à peu près correctement. Sans avoir besoin de plus de cérémonie. Me levant donc au moment ou la serveuse revenait vers nous, je sortie un billet pour elle, le reste, il assumerait seul le reste. J’avais de toute façon bien signifié qu’il s’en chargerait, et je n’allais pas revenir la dessus. Ne lui portant pas plus d’attention, j’avais retrouvé l’air frais de la ville, et la sérénité d’être enfin seul.

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